samedi 26 août 2006

L’eau de zamzam – le bruissement de l’aile de Gabriel

L’eau de la bénédiction divine, l’eau de la vie (comparable en ceci au « hawd » - la fontaine de l’eau de vie du Prophète (saw) du jour du jugement, et lieu de rendez-vous des gens du paradis), l’eau de la miséricorde, et de la barakat. La source de zamzam, de genèse miraculeuse, est un miracle perpétuel, un don de miséricorde, un exaucement, un rappel.

Miracle d’abord, car d’un puits de 30 mètres de fond (The History of Makkah Mukarramah, Dr. M. I. Abdul Ghani, 2004, p. 125), à 21 mètres de distance de la Kaaba, on en fait jusqu'à nos jours une exploitation ahurissante, que le puits défi par plus d’abondance. Il semble que ce puits défi l’intelligence de la consommation, pour autant qu’on en puise de 660 litres par minute, et voici plus d'un millénaire, l’eau surabonde toujours. Des pompes électriques d’extraction furent installées en 1953 (The History of Makkah Mukarramah, p. 126). Ainsi en est-il de la miséricorde de Dieu. On ne saurait justifier ce fait par voie physique ou mathématique.

Mais de quoi donc s’agit-il ?

Une eau d’essence plurielle, que chaque abreuvant fera sienne. En effet, le Prophète (saw) ne confirme-t-il pas une définition indéfinie de la substance ici présente, de facture d'une eau de source pour l’œil des mortels, mais qui cache une essence qu’on ne saurait cerner, protéiforme, insondable, irréductible, dans lequel le spirituel se mélange à la physique : - « maa’ou zamzam lima shouriba lahou» - , « l’eau de zamzam est ce qu’elle sera désirée l’être selon la raison de sa consommation » (rapportée et citée par plusieurs figures d’autorités, dont, en autre, Al Ghazali in « Ihya ‘Oloum Ouddin, pour une édition moderne, Daar Al Kotob Al Ilmiyah, Beyrouth, 1998, vol. 1, p. 243).

Selon d’autres dires du Prophète (saw), l’eau de zamzam est une panacée contre les maux; elle est aussi une substance nutritive – (Ismaël (ra) aurait vécu sur quoi après l’apparition de l’eau ?). Le Prophète (saw) aurait aussi dit qu’il en consomme pour assouvir sa soif au jour de la résurrection. (Thib Annawawi, Imam Al-Jauziyah; Healing with the Medicine of the Prophet, Traduit par J. A. Rub, 1999, p. 340-341)

Une essence non moins pure qui participe à la sacralisation de l’enceinte de la Kaaba, du « haram » – l’interdit, le sacré. Il est rapporté dans un langage qui en est particulier que le jour de la création du monde Dieu aurait protégé et interdit de cette partie de terre [la Kaaba et ses environs] toute espèce de fléau, comme les guerres, la chasse, et les calamités naturelles. La loi veut désormais qu’avec la venue du Prophète (saw) que personne n’y aurait accès que si son cœur est animé de la révérence de Dieu. Ce serait ainsi une des justifications de son appellation de « ‘ateeq », car elle s’en est délivrée de tout ce mal (selon le syntagme arabe de « artaqa minho », in Rooh al Bayan, Ismael Bourousawi, pour une édition moderne, Daar Al Fikr, vol. 4, p. 426). D'une terre purifiée, donc une eau sainte, peut-être même le symbole de cette terre, son fruit, son miracle. Le « fruit » dans la prière d’Abraham (coran 14 :37)?

Une eau dont la genèse et la géographie sont liées à Safa et Marwa, partie de terre, selon les commentaires de Bourousawi, auteur de Rooh Al Bayan, dans laquelle se trouvent soixante-dix milles envoyés de Dieu. Safa tire son nom du fait qu'Adam (as) s'y était assis, alors que Marwa se nomme ainsi par ce que Hawa (Ève) (as) s'y était également assise (Rooh Al Bayan, vol. 1, p. 262). Ces deux monts pourraient de nos jours, mais avec les réserves qui s'imposent, être vus comme véhiculant des significations plus profondes de l'humain, des jalons sur le chemin vers Dieu sur un horizon de son destin éternel. (Il est important, cependant, de ne pas employer à tort ou à travers, dans une compréhension superficielle, un jargon qui caractérise peut-être notre ère, de masculin et de féminin, qui serait fictif et trompeur en soi. Le dessein divin n'a que faire de la compréhension partielle que caractérise une certaine époque de l'humanité, que l'homme simple créature mortelle ne pourra jamais rivaliser, ni épuiser par sa compréhension).

Safa et Marwa sont aussi considérés comme deux portes du paradis, et un lieu de réponse et d’exaucement devant la miséricorde de Dieu. La visite et présence en ce lieu et son parcours équivaudrait à la délivrance de soixante-dix âmes (Rooh Al Bayan, vol. 1, p. 263). L’eau de zamzam qui dans sa genèse a été le résultat de ce parcours par Hagar, femme d’Abraham, mère d’Ismaël qui serait pour les croyants aux cœurs révérencieux une eau de l’exaucement des demandes en ces lieux saints. Car il est dit que tous ceux qui se fatiguent entre Safa et Marwa, à l’instar de Hagar, l’exaucement de sa prière devient nécessaire, et ceci jusqu'au jour du jugement (Rooh Al Bayan, vol. 1, p. 262). On dit aussi, sur un autre plan de compréhension, que Safa est le centre du cœur, alors que Marwa serait le centre de la Nafs (Rooh Al Bayan, vol. 1, p. 264).

On raconte qu’à Safa s’y érigeait une idole dans la physionomie d'un homme, selon Bourousawi, qui s’appelait Issaf, tandis que sur Marawa s’érigeait une autre idole dans la physionomie d'une femme, du nom de N'a-ila ; c’étaient deux mortels qui avaient forniqué dans l’enceinte de la Kaaba qui furent transformés en pierre. (Ces idoles sont recensées comme les dioles du panthéon pré-islamique; v. Atlas of the Quran, Dr. S. A. Khalil, Darussalam, 2003, p. 197, bien que leurs positionnements dans ces lieux auraient pu subir des changements). Ainsi, les gens de la Jahiliya les adoraient lors d’un de leurs rituels qu’ils pratiquaient à Safa et à Marwa. L’Islam brisa ces idoles. Les musulmans hésitèrent d’abord, pour cette raison, à parcourir Safa et Marwa à l’instar des gens de la Jahiliya, en tant que rituel. Le verset coranique ne reprit-il pas la sacralité des lieux en ces termes en répondant à quelque hésitation qu’on ne saurait plus souffrir : « Voici Safa et Marwa sont des rites d’Allah. Quiconque fait le Pèlerinage à la Maison ou fait la visite, pas de grief contre lui quand il circule entre les deux » (sourate II, verset 158; traduction de A. Chouraqui, Le Coran, Paris, 1990, p. 70); pour ainsi que la Maison de Dieu, et ses environs ne pourront jamais être salis, et l’attraction de la lumière divine ne saurait jamais s’éteindre, même si les gens dans leur ignorance et contre leur gré ont ressenti l’appel et la vocation de ces lieux saints, et contre leur jugement se sont vu parfaire des rituels qui dépassaient leurs compréhensions des choses. Aucun cœur ne saurait résister contre ces lieux saints. Ainsi donc pour la géographie spirituelle de cette eau, d'où on ne pourrait saisir peut-être que quelques aspects de son essence.

La genèse de l’eau de zamzam est relatée par plusieurs avec des moindres détails, mais aussi avec quelques variantes, chose non moins étonnante qu’il s’agirait d'une connaissance d'abord orale qui a survécu au cours des millénaires. Le prophète Abraham (ra), pour des raisons supérieures, fut amené à laisser Ismaël et Hagar dans un lieu [aujourd'hui la Mecque] – Abraham à qui Dieu demandera plus tard qu’il sacrifie Ismaël - dans lequel se trouvait nulle provision. Il nous semble qu’Abraham savait déjà que c’était là l’endroit de la maison de Dieu, car ne dit-il pas, alludant au dessein divin : « Seigneur ! j’ai établi une partie de ma descendance dans une vallée sans culture, auprès de Ton Temple rendu sacré. Seigneur ! [je l’ai fait] pour qu’ils accomplissent la Prière. Fais que des cœurs, chez les Hommes, s’inclinent vers eux ! Attribue-leur des fruits ! Peut-être seront-ils reconnaissants ! » (traduction R. Blachère, Le Coran, Maisonneuve et Larose, 1999, p. 283, Sourate 14, verset 37).

La décision de se rendre à la Mecque serait par inspiration divine, sur indication de l’ange Gabriel, pour établir l’enfant à l’emplacement du hijr –appelé de ce fait encore aujourd'hui « hijr d’Ismaël », l’hémicycle situé entre la Kaaba et le muret qui prolonge la face nord-occidentale (C-A. Gillis, La doctrine initiatique du pèlerinage, Paris, 1994, p. 77)

Selon Bourousawi, Abaraham aurait prononcé cette demande de la plus haute colline de Makka, faisant face à la vallée de la Mecque [la qibla] (Rooh Al BAyan, vol. 4, p. 468). Borousawi mentionne ici que la maison de Dieu (que M. Chiadmi, Le Noble Coran, Edition Tawhid, 2006, traduit par l’oratoire sacré) fait aussi allusion au cœur pieu, car cette maison ne doit abriter que Dieu (Rooh Al BAyan, vol. 4., p. 462).

Abraham parle du cœur des hommes à venir, comme s’il savait l’avènement de la Mecque et du pèlerinage. Il établit ici une relation entre le cœur de l’homme et la Maison de Dieu, d’où sortirait une subsistance. Le signe spirituel de la substance de l’âme, de sa pureté pour le croyant. D’un breuvage qui abreuverait dans le désert du chemin à parcourir vers Dieu ; d'un rafraichissement pour l’âme, d'un rappel du hawd du Prophète (saw) et de son lieu de rendez-vous. D’un breuvage pour le jour du jugement. Zamzam serait liée au cœur de l'homme et à la prière, aux dires d’Abraham, qui place sa descendance dans un pèlerinage perpétuel devant la maison de Dieu, pour y habiter, afin que Dieu habite leurs cœurs. Et c'est ici une des compréhensions même du pèlerinage de la Mecque. Hagar demanda à Abraham : « à qui nous laisses-tu ici dans ce lieu ? ». Abraham ne répondit pas. Elle de dire : « Est-ce Dieu qui t’a ordonné ainsi ». Lui de répondre oui. Elle de dire : « Dieu ne va pas nous égarer ». Elle accepta et retourna vers Ismaël (Rooh Al Bayan, vol 4, p. 428).

Abraham y déposa des dates et de l’eau, qui très vite étaient épuisées. Hagar, en désespoir, grimpa sur Safa pour voir signe de présence humaine. Elle se retourna, accouru vers Marwa, y grimpa pour des mêmes raisons. Elle répéta ce va-et-vient entre Safa et Marwa et leurs escalades de sept fois. Au bout de la septième escalade de Marwa, elle entendit un bruit. Retournant auprès d’Ismaël, elle vit un ange qui de son aile a frayé de la terre un puits (Rooh Al Bayan, vol 4, p. 468).

Hagar aurait entendu des voix l’incitant à courir vers Safa, et ensuite vers Marwa, lors de chaque course vers soit l’une ou l’autre. Elle se trouva dans un état comparable à celui de l'homme qui refuse de croire à ce qu'il entend dans son sommeil jusqu'a ce qu'il s’éveille. Alors elle se mit à invoquer : « Ecoute, El ! » (en arabe : isma’ Iîl !) – « El », serait selon Michel Valsan (le Sheik Mustapha Abdel Aziz ra) une forme bilittère du nom divin », qui se retrouve en arabe dans la composition de certains noms d’Anges. « Tu viens de me faire entendre Ta voix, Viens à mon secours car je péris, de même que celui qui est avec moi ». Pour Michel Valsan, le sens d’entendre n’a pas uniquement trait au sens de « ouïr », mais aussi et surtout celui d’exaucer (La doctrine initiatique du pèlerinage, p. 77, citant Tha’labi, ‘Ara’is al-Majâlis, chp 3). Michel Valsan cite le verset 21 :17 de la Genèse se rapportant au même événement. La référence au lieu ou se trouvait Ismaël fait de l’endroit un monument de l’événement, et commémore une nouvelle ère du monde (La doctrine initiatique du pèlerinage, p. 78).

En effet, l’eau de zamzam fut évoquée dans la Bible à au moins deux instances en son ancien testament en parlant de Hagar avec quelques indications de son endroit qui aurait suffi pour un contemporain (Genèse XVI. 7 : « L’ange du Seigneur la [Hagar]trouva près d'une source, celle qui est sur la route de Shour »…, Traduction Œcuménique de la Bible, La Pochothèque, Paris 1996, p 34b). « Dieu entendit la voix du garçon, et du ciel, l’ange de Dieu appela Hagar. Il lui dit : « Qu’as-tu , Hagar ? Ne crains pas, car Dieu a entendu la voix du garçon, là où il est. Lève-toi ! Relève l’enfant et tiens-le par la main, car de lui je ferais une grande nation ». Dieu lui ouvrit les yeux et elle aperçut un puits avec de l’eau » (Genèse 21 :17 : Traduction Œcuménique de la Bible, p 40a).

Tabari évoque la genèse avec une variante. Il relate que c’est Ismaël qui frappa son talon par terre qui donna naissance à la source de zamzam (La Chronique, Vol 1, Tabari, Actes Sud, 1984, p. 146). Lorsque Hagar aurait entendu les cris d’Ismaël, elle courut vers lui ; lorsqu’elle fut arrivée à l’endroit où il était, elle vit l’eau qui jaillissait et qui coulait sous le talon de celui-ci. A cette vue, Hagar fut remplie de joie, et, craignant que l’eau ne se perdît, elle apporta de la terre qu’elle plaça autour de la source. Le Prophète (saw) avait remarqué que si Hagar n’avait pas agit ainsi, la source de zamzam aurait formé un des plus grands fleuves qui aient existé, à cause de la bénédiction attachée à Ismaêl ; mais, ayant été ainsi arrêtée, elle n’augmenta plus et resta au même point (aussi évoqué in Rooh Al BAyan, vol. 4., p.468).

Selon l’auteur de Rooh Al Bayan, c'était la bénédiction du Prophète (saw) déjà qui s’annonçait, Ismaël étant l’aïeul de celui-ci, et que le Prophète (saw) était en germe dans ses reins (vol. 4, p. 468), et que c’est par sa bénédiction et son intermédiaire donc que zamzam prit naissance. Genèse ainsi de l’abondance et de bénédiction, de miracle et d’exaucement.

L’ange leur dit : « N’ayez aucune crainte, car c'est ici la maison de Dieu, que cet enfant et son père bâtiront, et Dieu n’égare pas sa famille » (Rooh Al Bayan, vol. 4, p. 468).

L’ange serait aussi, selon les versions, Gabriel (Thib Annawawi, p. 340).

D'un miracle d’Ismaël et de Hagar on passe d'un miracle perpétuel du Prophète (saw) et de son Dieu. On raconte ainsi que les oiseaux de l’air se réunirent autour de cette source. Les habitants des environs de la tribu de Jorhoum, ayant leurs puits à sec, erraient pour chercher de l’eau. Voyant les oiseaux, ils se dirigèrent vers eux, et furent étonnés d’y voir un puits là ou il n’existait pas de puits. Tabari raconte qu’ils dirent à Hagar : « Il y a des années que nous sommes dans ce désert, et jamais nous n’avons vu d’eau ici ». Elle répondit : « Dieu m’a donné cette eau» (Tabari, p. 147).

Ils demandent à Hagar la permission de s’y installer, en échange de lait (Rooh Al Bayan, vol. 4., p 468). Les années passèrent, qu’Ismaël grandissait, Hagar trépassa, et de peur de perdre l’accès à l’eau les gens de la tribu de Jorhoum proposèrent à Ismaël une épouse des leurs en mariage. Au fur des temps, les enfants d’Ismael s’occupaient de la Kaaba, alors que la tribu de Jorhoum gardait la source. Cependant, l'homme a rarement su respecter des lieux sacrés; les gens de la tribu de Jorhoum menant éventuellement une vie contraire au pacte divin, ils furent chassés par la descendance d'Abraham des lieux saints. En représailles, ils ont couvert le puits de sable, voulant effacer toute trace de son existence. Ainsi, pendant des siècles, le puits n'était pas repréré.

Il revient au grand-père du Prophète (saw), Abdul Muttalib, de restaurer l’endroit du puits. Il eu par rêve les indications de l’endroit, et fut ordonné à y creuser. Il y donna accès à tout le monde. À sa mort, son fils et compangnon du Prophète (saw), Abdullah bin Abbas (ra), fut chargé de la garde du puits.

Miracle vivant du prophète, prolongeant le miracle de Hagar et d’Ismael, l’étymologie du terme souffre de considération, non sans étonnement, des plumes des savants musulmans. Le lisan al arab, ouvrage d’autorité sur la langue arabe, (pour l’édition moderne, Daar Asswadir, Beyrouth, 6e ed. 1997, vol. 12, p272 et s.) tout en donnant les douze noms de zamzam, ne remonte pas son étymologie, bien que plusieurs définitions de la racine du terme soient suggérées.

Ainsi sous la racine de « z-m-m», racine du terme de zamzam on peut regrouper pêle-mêle les acceptions suivantes : (i) l’eau de « zamzam « (pl. zoumaazim) signifierait une eau abondante; (ii) citant Ibn Ala’rabi : c'est l’abreuvage, le bruissement de l’ange, le coup ou l’implusion de Jibril; (iii) citant Ibn Bari : zamzam porte douze noms : zamzamou, maktoumat, madhnouna, shoubaarat, soqyaa, alrawa’o, rakdha jibril, hazma jibril, shifa’oun soqmin, dwaraamon do’min, hafeera ‘abd ul mutwalib; (iv) on dit d'une eau zamzamoun, ou zamzaamoun ou zouwaazim quand celle-ci n'est ni salée ni douce; (v) zamzaamoun signifierait aussi le grondement du tonnerre; (vi) zamzamoun, d'autre part est le nom d’un chameau; (vi) le « zimzima » par ailleurs signifierait un groupement humain, de moins de cinquante personnes; ce terme se prolonge dans « zimzyme » pour évoquer le groupement des chameaux. Cent chameaux veut dire « zoumzoum ».

La racine de « zamma » se traduit, selon les usages et syntagmes « serrer; lier fortement, brider une monture, saisir la proie et l’emporter, dresser la tête, précéder, être en tête des gens, bourdonner, paraître, percer, s’enorgueillir, parler, dire » (pour les syntagmes, Dictionnaire Abdel-Nour al-Mufassal, Beyrouth, 2004, vol. 1, p. 991). Ainsi, « zimam » donnerait l’idée de bride, rêne, lien, limites, bornes. On dit du tonnerre quand elle gronde « zamzama »; qui connote aussi le fait de parler entre ses dents, de grésiller, de crépiter, de pétiller, de rugissement du lion, d'une masse, d'une élite. Le « qaamous al moheet » de Fayrouzabaadi (pour l’édition moderne, Al-Resalah Publishers, Beyrout, 1998), sous l’entrée de « z-m-m» (p. 1118) ajoute cette notion de nuit sans lune pour le terme de « izmeem »; à la racine de « zamma », il existe aussi le sentiment de la douleur de l’animal qui lève la tête.

Le Gesenius’ Hebrew-Chaldee Lexicon to the Old Testament de H. W. F. Genesius (Michigan, 1979), privilégie le sens de murmurer (p. 247B) pour la racine de zamzam. Selon l’orientaliste T. H. Hughes (Dictionary of Islam, London 1885, p. 701), l’origine du terme est incertaine; toutefois, selon le Dictionnaire Arabe de Johnson, il connote le murmure atténué (low buzzing sound ) des adorateurs du feu, et pourrait donc faire allusion aux murmures de l’eau du puits. Pour certains commentateurs musulmans elle serait dérivée de « zam ! » « zam ! », c'est-à-dire « remplis ! », qui seraient les injonctions de Hagar à Ismaël quand elle vit l’eau. Pour l’orientaliste Sale, il signifierait « Restes ! », car selon lui Hagar aurait parlé dans la langue Egyptienne afin qu’Ismaël ne s’égare pas.

On peut sommairement ainsi regrouper les lignes directrices des acceptions de la racine du terme de zamzam en trois: (i) l’idée de restreindre, de cerner; (ii) l’idée de murmure, de bourdonnement, de bruits; (iii) l’idée d’abondance. Pour les explications données, sauf erreur de notre part, il nous semble que l'idée d'abondance ou celle attachée à la qualité d'une eau succède au descriptif de zamzam, et ne participeraient pas à son étymologie. L'idée de cerner ou l'idée d'une injonction qui aurait été adressée à Ismaël, suscitent également nos réserves, car il s'agit ici d'un enfant.

Pourtant, il est évident que le terme « zamzam » est une onomatopée; et de plus, il s’agit d'une onomatopée dynamique et non statique; c'est-à-dire que le terme reprend et répète en un mouvement une idée ou concurrence onomatopéique. Au lieu de « zam » il existe deux « zam », qui s’ajoutent l’un sur l'autre. Il nous semble que l’onomatopée, en l’absence d’érudition en la matière, privilégierait le sens de bourdonnement, de grondement, comme étymologie du terme de zamzam. Grondement de l’eau émanant de la terre, grondement de l’aile de l’ange à l’aide de laquelle celui-ci donna naissance à ce puits, grondement de l’intervention divine sur terre? Bruissement des ailes de Gabriel? Le bruissement de l’aile de l’ange qui creusa le puits? Est-ce la parole de l’ange que rencontra Hagar ? On ne saurait en dire, mais il nous semble que cette signification se rapproche plus de son essence qui d’ailleurs n'est compréhensible que par approximation.

Un puits qui ne saurait tarir, en accord avec le cœur des gens, que le seul le péché de la terre sècherait. Certains pensent que des canaux souterrains relieraient cette source à la tombe du Prophète (T. H. Hughes, Dictionary of Islam, London 1885, p. 701), bien qu’il s’agit ici plus de réalité métaphysique, d'un ordre propre que de compréhension causale.

Cette source tarirait-elle avec l’enlèvement de la Kaaba sur terre ? Ghazali rapporte cette tradition suivante : (Ihya, p. 229) : « Dieu regarde chaque nuit les gens de la terre; Sa vision s’étend sur les gens du haram d'abord, et l’objet premier de cette vision est la mosquée du haram (Kaaba et son enceinte); celui qu’Il aperçoit en ambulation est pardonnée, celui qu’Il aperçoit en prière est pardonnée, celui qu’Il voit debout face à la Kaaba est pardonnée… » « Le soleil ne se couche pas sans qu’un ami (« abdal ») de Dieu fassent l’ambulation, l’aube ne se lève pas de la nuit sans qu’un des amis de Dieu («awtaad ») fasse l’ambulation, et le jour où cette activité cesserait, ce sera alors la cause de l’enlèvement de la Kaaba sur terre, les gens se réveilleront sans qu’ils apercevront la Kaaba, ni même ses traces, et ceci alors que sept années s’écouleront sans qu’aucune visite soit faite. Alors le coran sera enlevé des parchemins et les gens se réveilleront qu’ils verront les parchemins blancs sans écritures; alors le coran sera effacé des cœurs, on ne s’en souviendra aucun verset; les gens s’adonneront aux plaisirs de la Jahiliya. Sortira alors Dajjal, descendra alors Issa (Jésus) (ra) qui le tuera. L’Heure sera à la station de son accouchement imminent ». « Multiplier donc les ambulations de cette maison avant qu’elle soit enlevée, car elle fut détruite deux fois, et elle serait enlevée la troisième fois ».

Témoin de la miséricorde divine sur terre, la source de zamzam matérialise en terme physique ce que la Kaaba est pour les cœurs des hommes, la marque indélébile de l’enceinte de la maison de Dieu. On ne saurait s’approcher de celle-ci, « cœur » de l’existence terrestre ainsi que l’a dénommée des anciens, sans pour autant en être consacré par cette eau, abondante par son essence même, impérissable dans sa durée, défiant la logique du climat et celle de l’épuisement de ressource, magique pour le buveur qui s’abreuve ayant fait son vœu. Du coeur de l'homme ignorant méprisant son seigneur, la lumière divine une fois qu'il l'aurait prénétrée au cours du cycle de l'existence, jaillisse alors la vraie essence de l'homme qui l'abreuve, émanant d'un paradis éternel.Gabriel, pendant l'ascension, avait ramené un récipient en or du paradis au Prophète (saw) mais pas son eau, pour des raisons qui nous paraissent ainsi évidentes.

Abdool Cader Dookhy, que Dieu soit satisfait de son âme

vendredi 23 juin 2006

jeudi 22 juin 2006

mercredi 21 décembre 2005

L'intérieur de la Kaaba

Image rare de l'intérieur de la Kaaba. Le Roi de l'Arabie Saoudite fait annuellement une visite de nettoyage avec des personnalités.

lundi 7 mars 2005

Porte de la Kaaba

vendredi 7 janvier 2005

Masjid al Haram

jeudi 16 décembre 2004

La Kaaba, son histoire

La Kaba (Maison Honorée) est symboliquement le centre et le cœur du monde terrestre. Elle se trouve géographiquement au milieu des cinq continents et est perpendiculaire à la Maison Illuminée (Baïtul Mamur), la Maison du septième ciel. Elle est donc bien évidemment le siège de l’autorité spirituelle. La Maison de Dieu est celle qui est la plus honorée du monde. Aucun lieu sur terre ne commande autant de respect. La Maison Honorée est respectée par les humains, les djinns, les anges et les animaux. Elle est couverte d’une toile de soie noire (Kiswa) qui contient des motifs coranique brodés en or pur. C’est une couverture très couteuse et est renouvelée tous les ans.

Elle est le seul lieu au monde qui n’est jamais déserté car jour et nuit une foule de personnes très compacte tourne autour d’elle, et tourneront certes sans arrêt jusqu’au jugement dernier.

L’histoire de la Maison Honorée date d’avant celle de l’humanité et probablement précède l’ère géologique. La Maison Honorée fut construite pour être le centre du pèlerinage des anges. Elle fut créée par le verbe divin (Sois et c’est) depuis des temps immémoriaux bien avant l’avènement de l’homme sur terre. Ibn Abbas rapporte que : « Allah fit connaître à Adam (as) l’existence de la Maison Honorée avant qu’il n’y eût été descendu ».

La Kaba Adamique

Quand Adam as partit pour le pèlerinage à la Mecque, il était très nostalgique et larmoyant car il fut descendu sur terre. Pour le consoler, Dieu lui envoya une construction du paradis qui contenait des lampes faites d’une lumière céleste. Elle était circulaire avec une coupole (Qubba) et quatre colonnes en pierre précieuse taillées magistralement d’une seule pierre. Elle contenait quatre portes, une pour chacun des prophètes suivants : Adam as, Abraham as, Ismaël as et Muhammad (pssl). Ces derniers devinrent ultérieurement ceux qui avaient participé aux réformes du culte lié à la Maison Honorée.

En faisant descendre Adam as sur terre, Dieu lui avait dit, d’après un récit rapporté par Addallah Ibn Amru : « Avec toi, je vais faire descendre un temple (Bayt) autour duquel on circulera comme on le fait autour de mon trône et auprès duquel on fera des actions de grâce ».

A ce moment là, Dieu avait convoqué toute la postérité d’Adam as et leur avait demande : « Ne suis-je pas votre Seigneur ? Elle avait répondu : Certainement et nous en sommes témoins[i] ».

Ce témoignage fut divinement enregistré sur pierre précieuse très blanche. Plus tard, cette pierre fut connue sous le nom de la « pierre noire » (Hajar-Aswad) puisqu’elle devint noire par les attouchements des polythéistes.

Après sa descente sur terre, cette pierre fut encastrée dans la première Maison de Dieu. Elle était tellement brillante que ses rayons illuminèrent la Mecque toute entière, sa banlieue et d’autres régions plus lointaines moins brillamment. L’espace illuminé intensément s’appelle « espace très sacrée » (Haram Sharif) et l’espace qui a été illuminé moins brillamment s’appelle « espace sacrée » (Hil) et l’extérieur de ces deux espaces a pour nom les « Miquats ».

C’est une limite que les non-croyants ne doivent pas franchir sous peine de sanction. Les croyants ne sont autorisés à y pénétrer qu’avec l’habit de pèlerin (Ihram) et en état de sacralisation totale. Il est surveillé avec grande vigilance par un groupe d’anges qui forme un cercle face à la Maison. Ils se tiennent debout à la limite du territoire sacré, et ce en permanence. Ce poste angélique de surveillance a rendu le territoire sacré inviolable. Les croyants ont pu tourner autour de la Maison Honorée Adamique jusqu’au déluge du temps de Noé as.

La Kaba Abrahamique

Après le déluge, l’homme devenait un peu plus adulte et Abraham (as) prouva sa maturité. Dieu lui avait demandé d’inaugurer un nouveau cycle humain en lui confiant la construction de la Maison Honorée sur le même site de l’ancien Temple Adamique d’après un plan établi par l’ange Gabriel (as) avec le concours du fils d’Abraham (as) qui agissait comme géomètre. L’édifice prit la forme d’un rectangle arrondi sur le côté nord-ouest en maintenant la forme circulaire de la Kaba Adamique et en contenant seulement deux portes[ii].

Lorsque la construction arriva à un stade avancé, le mont Adu Qubais qui entoura le chantier demanda à Dieu : « Seigneur autorise-moi à remettre le dépôt à ton ami très proche (Khaliullah) ».

L’autorisation fut accordée. Le mont dit alors à Abraham (as) : « Je renferme un dépôt qui t’est destiné. C’est une pierre que ton ancêtre Noé as m’a confiée au moment du déluge ».

L’ange Gabriel (as) se chargea de la livraison. Abraham (as) en personne l’encastra sur le côté est de l’édifice. Cette pierre noire déposée à la Maison Honorée est le signe du pacte divin.

La pierre noire a pour fonction d’être témoin de ceux qui ont tourné autour de la Maison Honorée. D’après une tradition, le prophète Muhammad (pssl) a dit : « En vérité, la pierre noire est une des hyacinthes du paradis. Elle se ressuscitera le jour du jugement. Elle a deux yeux et une langue. Elle parlera et témoignera en faveur de tous ceux qui l’ont touchée réellement. »

La Kaba préislamique

Peu après le départ d’Abraham (as) de ce monde, l’homme de nouveau trébucha dans sa marche vers l’Eternel. Certes, l’homme est convaincu que l’essence de sa vie est de s’approcher de Dieu, mais il est dans sa nature très faible et est vulnérable à l’influence diabolique de Satan. Ainsi, il s’éloigna de Dieu et revint à la case de départ. Il oublia le principe fondamental de l’unicité de Dieu enseigné par Abraham (as). Il devint polythéiste et idolâtre. Il adora 360 idoles au premier plan desquelles se trouvaient Hubal, Lat et Uzza. Cependant, les idôlatres n’avaient pas complètement oublié le nom de Dieu unique (Ilah). Ils avaient aussi préservé la tradition d’accomplir les tournées rituelles (tawaaf) mais ils les effectuèrent désormais d’une façon malsaine et démoniaque. La Kaba était transformée en camp de naturistes. En effet, les idolâtres considéraient qu’ils devaient accomplir le rite sacré tout nus car, selon leur raisonnement, l’homme est né nu et il doit donc se présenter devant les divinités dans une condition semblable.

Dans ces circonstances, les tournées rituelles (tawaaf) avaient pris une allure de fête accompagnée de réjouissances. Une foule immense était toujours présente à la Kaba. Certains faisaient les tournées rituelles, d’autres entreprenaient des activités commerciales. Des foires furent organisées. On y vendait un peu de tout, notamment les boissons, les épices, les parfums, les divinités et les femmes et celles-ci parfois au rabais. Le vœu de Satan était semble-t-il comblé.

Par ailleurs, deux habitant de Yémen, Asaf Ibn Baghi et Na’ila Bint Dik furent maudits pas Dieu. Ils étaient partis faire le pèlerinage selon les rites de l’époque. Mais ils étaient tellement emportés par l’ambiance qui régnait autour de la Kaba, les chants, les danses érotiques et les boissons alcooliques qu’ils décidèrent de pénétrer à l’intérieur de la Maison de Dieu pour se retirer de la foule et se retrouver en privé. Profitant de l’intimité, ils se comportèrent comme des conjoints. Leur conduite malsaine attira la colère de Dieu. Le Tout-Puissant les paralysa et les transforma en pierre.

Ils devinrent deux statues de grande qualité. Mais les idolâtres sont tellement pervers qu’ils crurent fermement qu’une manne céleste s’était produite. Ils divinisèrent les deux statues. Ils les placèrent devant la porte de la Kaba mais les transférèrent ensuite aux collines Safa et Marwa. La coutume de l’époque consistât à les toucher pour avoir leur bénédiction ! La décadence de l’homme était totale.

La Kaba Muhammadienne

Peut-on dire que l’œuvre d’Abraham (as) a été anéantie ? La réponse doit être négative. Dieu veille sur la Kaba depuis toujours. Abraham (as) Lui avait invoqué en ces termes : « Notre Seigneur, envoie aussi parmi eux un messager issu d’eux-mêmes qui récite tes signes, qui leur enseigne le livre et la sagesse et qui les purifie. En vérité, Tu est le Fort et le Sage[iii] ».

Cette prière fut exaucée quelques 25000 ans plus tard par Muhammad (pssl) alors qu’il était âgé de 35 ans seulement. Il n’était pas encore formellement inspiré par Dieu. Il inaugura le troisième cycle définitif de l’histoire de la Kaba. Pendant une période de 23 années, il changea le cours de l’histoire de la Kaba post-abrahamique. Tous les idolâtres de l’Arabie devinrent des croyants en un Dieu Unique. Ceux-ci influencèrent l’évolution de la Maison Sacrée de leur façon.

La Kaba était vieille de 25000 ans et ne pouvait résister aux intempéries. Avec la dernière grande inondation ses murs commençaient à s’écrouler. Les Quraychites, les des descendants d’Ismaël (as), voulaient la reconstruire, mais ils étaient réticents puisqu’ils avaient encore en mémoire l’épisode d’Abraha.

Trente cinq ans auparavant en l’an 570, environs deux mois avant la naissance du prophète Muhammad (as), Abraha Ashram, le gouverneur Abyssin du Yémen était venu à la Mecque avec une grande armée d’éléphants pour démolir la Kaba et pour ensuite la reconstruire au Yémen afin de profiter commercialement du pèlerinage, qui était plutôt la plus grande foire de l’époque en cette partie du monde. Aussitôt arrivés dans les faubourgs de la Mecque, ils avaient confisqué tous les chameaux. Les mecquois ne pouvaient résister à une si puissante armée des abyssins. Ils avaient tous évadés la Mecque pour aller se réfugier sur les montagnes avoisinantes, à l’exception d’un de leur chef, Addul Mutallib, qui deviendra le grand-père du prophète Muhammad pssl. Abdul Mutallib alla à la rencontre d’Abraha dans la banlieue de la Mecque. En le voyant, Abraha croyait qu’il était venu implorer sa clémence pour ne pas détruire la Kaba. Tel ne fut pas le cas. Abdul Mutallib était venu seulement pour demander la restitution des chameaux pillés.

Le voyant perplexe, Abdul Mutallib lui dit : « Les chameaux nous appartiennent. Quant à la Kaba, elle a son Maître qui s’en occupera ».

La grande armée d’Abraha avait déjà pénétré l’espace sacré de la Kaba. Elle avait dû faire une escale forcée dans une vallée (Wadi e Muhassar) à Mina puisque les éléphants ne voulaient plus bouger. Puis Dieu, le garant de la Kaba, envoya une armée d’oiseaux qui laissèrent tomber sur eux de petites pierres de Sijjil. Abraha et son armée furent tous anéantis.

« N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l’éléphant ? N’a-t-il pas rendu leur ruse complètement vaine. Et a envoyé sur eux des oiseaux par volées qui lançaient des pierres d’argile. Et il les a rendu semblables à une paille mâchée[iv] ».

Ces pierres contenaient-elles des éléments radioactifs ? Peut-être pas, mais seul Dieu en connaît. En tout cas, elles ont une puissance considérable.

C’est bien pour cette raison que les Quraychites hésitèrent à démolir la Kaba.

Finalement, un de leur chefs, Walid Bin Mughira leur dit : « Notre intention n’est pas comme Abraha. Nous autres, nous voulons seulement reconstruire l’édifice que l’inondation a endommagé ».

Convaincus, ils décidèrent de la reconstruire. Ils organisèrent une collecte d’argent pour financer le projet mais ils n’acceptèrent pas l’argent provenant d’une transaction interdite.

Cette attitude est fort louable et représente bien le changement qui allait s’opérer.

A cette époque, la Kaba était construite de pierres entassées les unes sur les autres sans chaux ou ciment pour les lier. De plus, elle n’avait pas de plafond.

Par coïncidence, un navire romain dirigé par un dénommé Bakum échoua tout près du port de Jedda, à 75 km de la Mecque. Les mecquois envoyèrent le même Walid Bin Mughira à Jedda pour acheter du bois du navire naufragé de Bakum. Walid Bin Mughira acheta les débris du navire et retourna à la Mecque accompagné de Bakum, l’ingénieur romain.

Ils ont pu aussi avoir l’aide d’un égyptien dénommé Hanna qui était un maître charpentier.

L’heure de vérité fut arrivée. Il fallait absolument démolir la Kaba pour la reconstruire. Mais personne ne voulait faire le premier pas. C’est bien encore lui, Walid Bin Mughira, qui avec l’aide de sa hache enleva quelques pierre. Mais comme rien de mal n’advint à Walid, ils étaient certains maintenant que Dieu était satisfait par les actions de Walid. Ils étaient maintenant tous bien disposés à démolir la Kaba et participer à sa reconstruction.

Muhammad pssl, citoyen modèle, participa activement à la construction de la Maison Sacrée. Il transportait de grosses pierres sur sa nuque du mont Abu Qubays. La construction fut rapide.

Cependant, la polémique prit naissance quand il fut question de placer la Pierre Noire. Les différentes tribus se disputaient entre elles. Chaque groupe voulait avoir l’honneur de pouvoir soulever et déplacer la Pierre Noire dans le coin où elle devait y être. La querelle fut sans merci et les dirigeants de chaque tribu étaient sur le point de s’entre-tuer.

Ce désaccord continua pendant quelques jours et aucune solution ne fut trouvée. Finalement Abu Omayya al Makhzumi, un de leur chefs très âgé suggéra : « O mes frères ! Vous voulez plaire à vos dieux, mais en même temps vous voulez vous entre-tuer. La première personne qui entra par la porte d’As-Safa trancherait le litige ».

Tous acceptèrent cette proposition et ils attendirent. La suspense fut très grande. Tout à coup quelqu’un y entra. Tous ensembles crièrent Muhammad Al Amine (pssl), l’homme de confiance. Tous étaient satisfaits et soulagés en le voyant. Informé de la querelle, Muhammad (pssl) satisfit tout le monde à la fois. Il leur demanda d’apporter un grand tissu sur lequel il plaça la Pierre Noire et demanda à un représentant de chaque tribu de tenir un bout de tissu par le bord afin de transporter ladite pierre. Tous ensembles soulevèrent le tissu jusqu’à la hauteur où la pierre devait être déposée. Muhammad (pssl) la prit pour la placer lui-même. Le principe pur d’Abraham as reprit naissance.

Ce geste de Muhammad (pssl) ressemble à celui effectué par Abraham as et ceci est la preuve de la continuité et la synthèse de la mission prophétique.

Un autre évènement est aussi très significatif. Par manque de fond licite, les Quraychites décidèrent de raccourcir la longueur de l’édifice rectangulaire qui devin un carré. Ce modèle avait l’avantage de solidifier et stabiliser le monument et de le rapprocher dans la forme de la Baïtul Mamur, la Maison fréquentée au septième ciel et qui est carrée. Toutefois, les Quraychites laissèrent vide l’espace non utilisé. Ils y construisirent un mur circulaire qui indique encore aujourd’hui le lieu de la Kaba Abrahamique. Cet espace s’appelle Hijr et le mur circulaire s’appelle Hatim.

Ils ajoutèrent un toit supplémentaire à la Kaba mais supprimèrent la porte située sur le côté nord-ouest.

La porte sur le côté sud fut élevée de deux mètres du sol. L’entrée à la Kaba nécessite l’utilisation d’une échelle. Mais, selon le Prophète Muhammad (pssl ): « Le Hijr forme partie de la Kaba ».

Après la conquête de la Mecque en l’an 8 de l’Hégire, Muhammad (pssl) n’altéra pas l’édifice de la Kaba. Il détruisit par contre toutes les idoles qui s’y trouvaient à l’intérieur. La Kaba est préservée de toute souillure.

La Kaba aujourd’hui

Il n’est aucun doute que la Kaba est l’édifice le plus honoré de la planète et les musulmans n’arrêteront de demander à Dieu d’accroître son honneur. Chaque année plus de dix millions de pèlerins, en la voyant pour la première fois prononcent la formule suivante : « Seigneur accroît à l’honneur de ce Temple sa considération, sa vénération. Qu’ils reçoivent un surplus de majesté et de grandeur de la part de tous ceux qui accomplissent le grand ou le petit pèlerinage (Hajj ou Oumra)".

Ceci est la raison pour laquelle la Kaba est dotée de la porte la plus couteuse du monde. Cette porte contient 280 kilogrammes d’or pur à 99% et vaut une fortune. Elle contient de la calligraphie des versets coraniques. En réalité, la porte de la Kaba est composée de deux portes ; une donnant vers l’intérieur et l’autre vers l’extérieur. Elle est à 2,25 mètre au dessus du sol.

La Kaba est couverte en permanence d’une étoffe en soie noire d’une superficie de 650 mètres carrés. Ce tissu contient des motifs de versets coraniques brodés également en or pur. Une industrie spéciale existe pour sa fabrication. Cette usine se situe sur l’ancienne autoroute de Jedda à la Mecque. Elle emploi environ 250 ouvriers qualifiés. Chacun est spécialisé dans une discipline : le tissage, la broderie, la calligraphie etc. L’usine fonctionne de permanence afin qu’elle puisse produire annuellement une nouvelle couverture (Kiswa).

L’édifice de la Kaba n’est pas exactement cubique. Il est plutôt quadrangulaire car il est de treize mètres de long, douze mètres de large et quinze mètres de haut. Ce ne sont pas les murs de la Kaba qui sont orientés vers les points cardinaux mais bien plutôt ses quatre angles (Arkan).

L’intérieur de la Kaba ressemble à une chambre vide avec une copie géante du Coran exposée sur un support. Le mur est revêtu en marbre.

La Kaba se trouve au milieu de la Mosquée Sacrée (Masjid al Haram). Cette mosquée se situe dans un espace qui s’appelle Bakka.

En l’an 683 de l’ère chrétienne, Abdullah Ibn Az Zubair rebella contre le calife Yazeed qui transforma la Kaba comme au temps d’Abraham (as). En 693, Al Hajjaj Ibn Youssouf conquit la Mecque et tua Abdullah Ibn Az Zubair. Avec l’accord du calife de l’époque, Abdul Malik, il démolit la Kaba et la reconstruisit d’après le modèle des Quraychites, le modèle bâti par le prophète Muhammad (pssl). En l’an 1630, le mur nord-ouest de la Kaba fut endommagé par une grande inondation. Le Sultan Muraad ordonna sa démolition et la fit reconstruire conformément au modèle des Quraychites et en utilisant les pierres d’origine. Depuis personne n’a changé son modèle de façon drastique. Seulement des rénovations mineures ont eu lieu. C’est cette Kaba qui existe aujourd’hui.

La Kaba dispose de plusieurs noms tels Baitullah (Maison de Dieu), Baitul Haram (Maison Honorée), Baitul Atiq (Maison Antique), Al Akdas (le Saint des Saints), Al Muqadassa (la Sacro-sainte) etc.

La Kaba a un statut privilégié car elle est : « certes le premier temple édifié pour les hommes et sert de direction aux mondes[v] ».

« Il y a là des signes manifestes. L’oratoire d’Abraham et quiconque y entre trouve un abri sûr. Dieu prescrit aux hommes un devoir envers lui le pèlerinage à ce Temple. Un devoir pour ceux qui en ont les moyens. Quiconque est infidèle doit savoir que Dieu peut se passer des mondes[vi] ».

Enfin la Kaba comporte un double aspect terrestre et céleste. L’homme où il se trouve, sur mer ou sur terre ou dans l’air doit tourner vers sa direction pour accomplir ses prières quotidiennes.


[i] Le Saint Coran, chapitre 7, verset 172.

[ii] Il y a lieu de noter que le mot de Maison Honorée dérive des alphabètes K et B et qui signifient carré et cube en arabe.

[iii] Le Saint Coran, chapitre 2, verset 129.

[iv] Le Saint Coran, chapitre 105.

[v] Le Saint Coran, chapitre 3, verset 96.

[vi] Le Saint Coran, chapitre 3, verset 97.

dimanche 25 mai 2003

Le Prophète Muhammad (pssl)

jeudi 20 février 2003

Conseils médicaux pratiques aux pèlerins

Conseils médicaux aux pèlerins

Avant le départ en pèlerinage.

Les autorités saoudiennes exigent certaines vaccinations aux futurs pèlerins

- Méningite à méningocoques : le vaccin Menonume (A, C, Y, W, 135)

- Un certificat de vaccination antiamarile (fièvre jaune) est exigé des voyageurs en provenance d’une zone infectée (zone tropicale de l’Afrique et de l’Amérique du Sud).

D’autres vaccinations sont recommandées d’un point de vue médical. Pour cela, nous vous invitons à consulter votre médecin traitant.

Services d’urgence en Arabie Saoudite

Police : 999

Pompier (pour les incendies) : 998

Ambulance : 997

Médecin à domicile à Madinah :

- Le Dr Nabil : 0504341955

On peut consulter le site de la diplomatie française sur le sujet.

Voir également:

- Arabie Saoudite: Conseils médicaux (site de Mon Voyageur);