samedi 29 décembre 2007

Abraham (Sayidina Ibrahim alayhis salam)

Une étude approfondie sur le pèlerinage ne peut se faire l’économie d’une analyse de la vie d’Abraham (alaayhis salam) tant elle est riche en leçon de spiritualité et tant les rites même du pèlerinage ont leur origine en Abraham (alayhis salam), sa femme Hajra (ra) et leur fils Ismaël (alayhis salam).

Originaire d’Our, une cité antique de la Mésopotamie, Abraham était un Babylonien, de race sémitique mais n’était pas forcément juif. La cité d’Our était le centre de l’astrolâtrie et de l’idolâtrie et était peuplée d’adorateurs d’idoles, du soleil et de la lune.

Abraham (alayhis salam), le Hanif, monothéiste pur, refusa de considérer les astres comme de véritables divinités. Très jeune, âgé de dix-sept ans, il enseigna à ses compatriotes la notion d’un Dieu Unique (Allahu Jalla Jalaluhu), Tout Puissant, Maître de l’univers, qui est lumière sur lumière qui pour créer n’a qu’à ordonner : « Sois et c’est » (Kun faya koune) et qui échappe à toute représentation figurée. A Lui appartient les plus beaux attributs, l’Éternité, l’Infinité, la Sagesse, la Création etc.

Les polythéistes étaient aveuglés et Abraham leur posait des problèmes. Le roi Nemrood (constructeur de la tour de Babel) décida de le brûler vif avec la complicité d’Azur, le père d’Abraham (alayhis salam) qui était un idolâtre endurci et fabriquant d’idoles.

Pour mener à bien l’opération, ils avaient allumé un feu gigantesque pendant quarante jours. La chaleur devint si intense que même les oiseaux moururent instantanément en survolant l’espace infernal même à une très haute attitude.

Vu l’intensité de la chaleur, les assassins avaient eu recours à un gigantesque catapulte pour lancer Abraham (alayhis salam) au feu. Voyant l’imminence du danger, l’ange Gabriel (Jibril) (alayhis salam) fut profondément bouleversé et proposa son aide à Abraham (alayhis salam) qui la lui refusa, car il était confiant de recevoir l’aide directe de Dieu Unique. Allah le Tout Puissant intervint et dit : « O feu sois pour Abraham une fraicheur salutaire[i] ».

La flamme devint ainsi froide.

Se trouvant dans l’impossibilité de convaincre ses contemporains de la justesse de sa mission, Abraham (alayhis salam) décida de quitter sa terre natale. Il était accompagné de sa très charmante femme Sarah pour émigrer en la grande Syrie en Palestine en passant par l’Égypte.

Cependant, le roi d’Égypte pris très vite connaissance de la beauté exceptionnelle de Sarah. Le roi convoqua Sarah au château sans lui indiquer la raison. En réalité, il voulait abuser d’elle. Mais il était plusieurs fois frappé par une paralysie et une agonie temporaires durant ses tentations diaboliques par des ondes incompréhensibles venant du Ciel.

Il comprit alors que Sarah était sous la protection divine. Elle fut libérée.

Sarah se croyait stérile. Elle voulait avoir un enfant pour la famille et donc demanda à Abraham (alayhis salam) d’épouser une fille d’une famille égyptienne honorable, Hagar (Hajra) (ra) qui était aussi d’une grande beauté.

Tous ensembles, Abraham (alayhis salam), Sarah et Hajra partirent pour la Palestine où ils s’établirent. Le temps passa et Abraham (alayhis salam) allait avoir 86 ans. Il pria Dieu de lui donner un enfant qui pourrait lui succéder dans sa mission prophétique. Sa prière fut vite agréée et Ismaël (alayhis salam) naquit de Hajra. Ismaël (alayhis salam) a pour origine le mot ‘Samera’ qui veut die entendre. La prière d’Abraham (alayhis salam) fut entendue.

Tout se passa joyeusement. Toute la famille était très contente, jusqu’au jour où Sarah fit une crise de jalousie en voyant l’affection grandissante d’Abraham (alayhis salam) pour Ismaël (alayhis salam) et Hajra (ra). Elle insista auprès d’Abraham (alayhis salam) pour qu’il envoyât Hajra (ra) et Ismaël (alayhis salam) vivre quelque part loin de leurs yeux.

Prophète et guidé par la Sagesse Divine, Abraham (alayhis salam) accepta. Prenant quelques dattes et un peu d’eau comme bagage, il partit accompagné de Hajra (ra) et d’Ismaël (alayhis salam). Il les quitta dans un désert aride en Arabie (Saoudite), un endroit nommé Wadi Al Attash (Vallée de la Soif) maintenant connu sous le nom de Makkah (La Mecque).

La scène se passa il y a quelques 5000 ans de cela dans un lieu tout à fait désert. Il n’y avait là-bas aucune source de vie (pas d’eau, pas de végétation, pas d’animaux). Personne n’habitait ce lieu. Ainsi, les deux exilés n’avaient rien de quoi se protéger contre une chaleur infernale de 60° à certains moments.

Ce n’était pas sans douleur qu’Abraham (alayhis salam), le père, se sépara de son fils et de son épouse. Alors qu’Abraham (alayhis salam) partait, Hajra (ra), femme modèle et pleine d’obéissance prit conscience de la gravité de la situation et lui demanda : « Est-cque tu vas vraiment nous laisser dans cet endroit où il n’y a ni eau, ni nourriture, ni personne, est-ce la volonté d’Allah ? ».

« Oui », répondit Abraham (alayhis salam) par un signe de tête. Hajra (ra) poussa un grand soupir en disant : « Surement, Il prendra soin de nous ». Quelle foi !

Pendant le voyage, Abraham invoqua Allah en ces termes :

« Seigneur ! J’ai établi une partie de ma descendance dans une vallée stérile près de ta maison[ii], afin Seigneur qu’ils accomplissent la prière. Fais-donc que les cœurs de certaines personnes s’inclinent vers eux. Nourris-les de fruits, peut-être te seront-ils reconnaissants[iii] ».

Très vite leur réserve d’eau s’épuisa. Ismaël (alayhis salam), un bébé ne pouvait résister à la soif. Il était déshydraté et se mit à pleurer.

Hajra (ra) était terrifié, mais elle escalada la colline avoisinante, Safa, avec beaucoup de courage pour essayer d’apercevoir du sommet un oasis ou une éventuelle caravane susceptible de sauver Ismaël de la mort. Malheureusement, il n’y avait ni l’un ni l’autre.

Cependant, toujours optimiste, elle courut sur l’autre colline, Marwa, située à 395 mètres de la première. Elle était consternée. Rien n’était en vue. Affolée, elle fit sept fois le trajet entre Safa et Marwa, en courant, grimpant, pleurant et priant Dieu pour la miséricorde.

Épuisée, elle délaissa les collines pour voir l’état d’Ismaël (alayhis salam). Mais elle était toute surprise de constater que de l’eau jaillissait là où son fils avait tapé les pieds. Était-ce un mirage ou une réalité ?

Un jet d’eau cristallisé jaillissait si puissamment qu’il l’arrosait de plein fouet. Tout d’un coup l’enfer se transforma en paradis. Ce n’était pas un mirage mais bien un miracle. Pour éviter tout gaspillage, elle essaya d’arrêter le jet d’eau avec du sable en disant « Zam Sam » (arrêtes- arrêtes) Ya Mubarakah ».

Ce miracle était suivi d’un autre. Les habitants du Yémen devraient affronter une terrible sècheresse. Une tribu du nom du Jurham décida donc de quitter la région sinistrée en quête d’un endroit plus verdoyant. En route vers le nord, la tribu passa très loin de la Vallée de la Soif (Makkah). Le caravanier, un observateur professionnel de la nature, observa que les oiseaux s’envolaient vers la direction de la Vallée de la Soif. Les voyageurs conclurent qu’il devait avoir de l’eau dans cette région. Ils firent un détour et était surpris de rencontrer une femme seule avec son bébé près d’un jet d’eau, qui, bien entendu, deviendrait le célèbre puits béni de Zam Zam.

La vue de cette eau abondante (source de vie) incita la tribu de Jurham de s’y établir avec la permission de Hajra (ra).

Une nouvelle ère commença. Spirituellement, l’homme va pouvoir progresser à grands pas. On érigea des tentes. La Mecque embryonnaire commença à se construire petit à petit. Une ville naîtra au centre du monde.

De son côté Abraham (alayhis salam) vivait toujours en harmonie avec Sarah en Palestine. Après avoir fait plusieurs demandes auprès de Sarah, il obtint finalement la permission d’aller enquérir des nouvelles de Hajra (ra) et d’Ismaël (alayhis salam) assortie d’une condition stricte de ne pas descendre de sa monture en les rencontrant. Il n’était pas question pour lui de pénétrer dans leur tente.

Abraham (alayhis salam) fut très ravi de voir qu’Ismaël (alayhis salam) et Hajra (ra) jouissaient d’une bonne santé et de voir une ville naissante.

Soulagé, mais homme de parole, il repartit vers la Palestine sans poser les pieds sur terre. Dorénavant, il se fait un devoir de leur rendre visite annuellement et de prier abondamment pour eux.

Le temps passa, Ismaël (alayhis salam), le bien aimé de toute la petite ville allait avoir 13 ans quand soudain, Abraham (alayhis salam), le père, reçut en songe un ordre d’immoler son fils unique, être qui lui est le plus cher, de d’Allah. C’était dur, très dur même, surtout qu’il avait beaucoup prié pour avoir un fils et que lui, Abraham (alayhis salam), était maintenant âgé de 99 ans. Néanmoins, pour lu l’ordre de Dieu était prioritaire sur toute chose ; c’était même la priorité des priorités.

« Mon cher Confrère fils, j’ai vu en songe que je t’immolais en sacrifice à Dieu. Dis-moi ce que tu en penses ? », dit Abraham (alayhis salam).

« O mon cher père, fais ce qui t’est demandé : tu me trouvera, si Dieu veut, du nombre des endurants[iv] ».

Quel père, quel fils !

Pour faire le sacrifice d’Ismaël (alayhis salam), Abraham (alayhis salam) l’emmena sur une colline à Mina à 5 kilomètres de La Mecque. Il avait avec lui un couteau bien aiguisé.

Satan, l’ennemi juré de l’homme, suivit la scène avec beaucoup d’intérêts. Il essaya de détourner Abraham (alayhis salam) de sa résolution. Satan lui apparut sous la forme humaine. Lassé de sa présence, Abraham (alayhis salam) prit une poignée de cailloux et la jeta au visage de Satan. Audacieux, il réapparut sept fois et le prophète Abraham (alayhis salam) lui jeta des cailloux sept fois.

Téméraire, nullement découragé, changeant de tactique, Satan chercha à influencer Hajra (ra) en jouant sur ses sentiments maternels. Satan lui dit : « Le bonhomme est devenu complètement fou, sur un vilain cauchemar, il veut assassiner son propre fils ».

Hajra (ra), tout comme Abraham (alayhis salam), lui envoya des cailloux à la figure. Satan tenta une dernière fois sa chance auprès d’Ismaël (alayhis salam) en lui disant que son père était un bourreau et était sans amour paternel. Mais là encore, il reçut d’Ismaël (alayhis salam) des cailloux au visage.

Abraham (alayhis salam) banda ses propres yeux pour ne pas voir la scène. Il passa son couteau sur le cou d’Ismaël (alayhis salam). Ayant prouvé sa soumission à Dieu, il fut miraculeusement arrêté dans son geste. Croyant qu’il avait déjà sacrifié Ismaël (alayhis salam) il enleva son bandage. Il vit que Dieu avait remplacé Ismaël (alayhis salam) par un bélier.

C’est ainsi que Dieu récompense ses serviteurs fidèles. Aussi Dieu enseigne-t-Il à toute l’humanité qu’il ne faut pas offrir un être humain en sacrifice à Lui. (Même de nos jours, dans certaines régions du monde cette pratique de sacrifice à dieu d’un être humain se pratique malheureusement). Les musulmans eux feront le sacrifice d’un animal.

« O Abraham, tu as ajouté foi à ta vision ! Voici comment nous récompenserons les vertueux. Certes, c’était une épreuve décisive, nous rachetâmes l’enfant au prix d’une immolation considérable et nous perpétuâmes le souvenir d’Abraham parmi les générations postérieures[v] ».

Abraham (alayhis salam) fut encore une fois récompensé. Bien qu’il était alors âgé de 100 ans, Allah lui donna un autre fils sous le nom d’Isaac (alayhis salam) issu de Sarah qui se croyait toujours stérile. C’est certainement un miracle. Pas mal comme cadeau pour un centenaire !

Petit à petit le village grandissait avec l’irruption des tentes. Ismaël (alayhis salam) grandissait aussi. Parallèlement, l’humanité commença à devenir adulte. Après avoir testé et trouvé digne, Abraham (alayhis salam) fut promu Imam, chef de l’humanité. Dieu lui confia la construction de la première Maison de la prière (la Kaaba) sur son site originel qui avait disparu avec le déluge du temps de Noé.

« La première maison qui a été édifiée pour les gens, c’est bien celle de la Baka bénie et une bonne direction pour l’univers[vi] ».

Mais le site n’était pas visible puisqu’il était couvert de sable pendant des siècles. Abraham (alayhis salam) demanda à Dieu de lui indiquer le lieu. Ainsi un vent violent balaya tout ce qui y reposait. Abraham (alayhis salam) découvrit alors que le site se trouvait à 20 mètres du puits miraculeux qu’on appelle Zam Zam.

« Et quand nous indiquames pour Abraham le lieu de la Maison en disant ne m’associe à rien et purifie ma Maison pour ceux qui tournent autour, pour ceux qui s’y tiennent débout et pour ceux qui s’inclinent et se prosternent[vii] ».

Bismillah Hirrahman Nirraheem, Abraham (alayhis salam) commença la construction de la Maison Honorée avec l’aide de l’ange Gabriel (alayhis salam) comme l’architecte et Ismaël comme aide-maçon.

La structure était rectangulaire avec la partie nord-ouest arrondie (semi-circulaire) d’une hauteur de 4,5 mètres, sans toit avec deux portes. La construction progressa. L’ange Gabriel (alayhis salam) disparut et réapparut avec une pierre qu’il ramena du mont Abu Qubays. Abraham (alayhis salam) encastra cette pierre sacrée dans le coin Est du bâtiment, comme repère pour le commencement des tournées rituelles (tawaaf). Cette pierre blanche est devenue noire durant la période post-Abraham (alayhis salam) et préislamique par les souillures des mains des pécheurs et des idolâtres. Actuellement on l’appelle Hajar Aswad (La Pierre Noire).

Ismaël (alayhis salam) lui aussi apporta une grosse pierre sur laquelle Abraham (alayhis salam) se tenait pour compléter la partie supérieure du mur. Avec le poids de sa foi débordante, ses pieds s’enfoncèrent dans la pierre. Les traces de ses pieds existent encore aujourd’hui, mais c’était plutôt les traces indélébiles de sa foi qui apparurent sur la pierre. Une fois la construction terminée, la pierre fut gardée tout près de la Kaaba. Actuellement, cette pierre se trouve sous un dôme de cristal pur. Le tout se trouve dans un enclos métallique située à environ 10 mètres en face de la porte de la Kaaba. C’est bien cette pierre qu’on appelle Maqaame-Ibrahim (l’endroit où Abraham (alayhis salam) se tenait debout).

L’œuvre fut accomplie sans bavure. C’est un chef d’œuvre architectural qui apparut au centre du monde. Il sera toujours honoré. C’est ainsi que Dieu demanda à Abraham (alayhis salam) d’appeler les gens du monde entier à accomplir le pèlerinage (Hajj).

« Et fais aux gens une annonce pour je Hajj. Ils viendront vers toi à pieds et aussi sur toute mouture venant de tout chemin éloigné.

Pour participer aux avantages qui leur ont été accordés et pour invoquer le nom d’Allah aux jours fixés sur la bête de cheptel qu’Il leur a attribuée en nourriture[viii] ».

« Comment est-ce que ma voix parviendra aussi loin », demanda Abraham (alayhis salam). « La diffusion de ta voix est sous ma responsabilité. Tu n’as qu’à lancer l’appel. Ils t’entendront. Tous, même ce qui ne sont pas encore venus sur terre », répondit Allah.

Aujourd’hui, il suffit de voir les images du pèlerinage (Hajj) pour voir que Dieu a tenu Sa parole !

Fils d’un fabriquant d’idoles, Abraham (alayhis salam) édifia la Maison de Dieu (La Kaaba) pour le culte du Dieu Unique et devient lui-même le premier pèlerin (Haji) post-Adam (alayhis salam). La Maison de Dieu est un symbole matérialisé du monothéisme pur. Ce n’est pas une demeure habitable, néanmoins son existence est ressentie par tous les croyants.

Élevé à la dignité de Khalil (l’ami d’Allah) et détenteur du titre d’Imam (chef de la communauté des monothéistes), Abraham (alayhis salam) mourut à l’âge de 175 ans laissant après lui une génération de prophètes. Dawood (alayhis salam), Suliman (alayhis salam), Moussa (alayhis salam), Issa (alayhis salam) et le chef de tous les prophètes, Muhammad (sallahu alayhi was salam). Il est inhumé[ix] à Hébron, en Palestine, tandis que le tombeau d’Ismaël (alayhis salam) se trouve dans le Hijr[x], une partie intégrante de la Kaaba.


[i] Le Saint Coran, chapitre 21, verset 69.

[ii] Il n’y avait alors plus le bâtiment de ce temple construit jadis par Adam (alayhis salam) à l’exception du site.

[iii] Le Saint Coran, chapitre 14, verset 37.

[iv] Le Saint Coran, chapitre 37, verset 102.

[v] Le Saint Coran, chapitre 37, versets 105-108.

[vi] Le Saint Coran, chapitre 3, verset 96.

[vii] Le Saint Coran, chapitre 22, verset 26.

[viii] Le Saint Coran, chapitre 22, versets 27-28.

[ix] Le lieu est connu sous le nom de Tombeau des Patriarches

[x] Sa mère également y est inhumée là.

jeudi 27 décembre 2007

La Mosquée Honorée (Masjid al Haram)

La Mosquée Honorée (Masjid al Haram) est un ensemble architecturale très grandiose d’une superficie de 356,000 mètres carrés, qui avec ses neuf minarets de 92 mètres de haut dominés par des croissants plaqués or de 5,60 mètres, ses mûrs revêtus de marbre naturel noir, gris et blanc, ses coupoles calligraphiés mosaïquement avec des motifs coraniques superbes, ses milliers de colonnes circulaires revêtus de marbre blanc de 71 centimètres de diamètre offre aux regards un spectacle inqualifiable et supérieure même aux châteaux du conte des mille et une nuits.

En temps normal, elle abrite 730 000 prieurs en moyenne, chiffre doublé aux jours d’affluence (les vendredis et le mois de ramadan) et triplé durant la période du pèlerinage avec l’utilisation maximale des espaces entourant l’esplanade, moment où plus de deux millions et demi de prieurs sont réunis ensemble. C’est là l’endroit où tous les peuples du monde se rencontrent. N’est-ce pas là le siège véritable des Nations Unies ?

Avec ses 55,000 points de lumière d’intensité colossale, utilisant une énergie de 8 mégawatts et ses escaliers mécaniques, ses beaux tapis de prières, les gravures, les lustres, la Maison Honorée est un beau palais.

Avec ses systèmes climatisés, nécessitant un complexe séparé d’une superficie de 7000 mètres carrés, situé à huit kilomètres de la Mosquée pour garantir le calme, en sus de ses 10,000 ventilateurs pour les régions non climatisées, sa sonorisation dissimulée faisant entendre la voix de l’officiant à plus de deux millions de personnes sans le moindre écho, l’on est totalement ébloui par la grandeur du sanctuaire. La mosquée mérite amplement le titre de la Mosquée Honorée.

La superficie du sanctuaire qui était de 510 mètres carrés à l’époque du calife Oomar Ibn Khattab en l’an 13 de l’Hégire, s’est agrandie petit à petit pour atteindre 27,000 mètres carrés en 1955. Mais grâce à l’aide d’Allah, avec la découverte de l’or noir et avec l’effort particulier du roi Fahd Ben Abdel Aziz Al Saoud (Qu’Allah l’agréé), la superficie s’est agrandie et atteint aujourd’hui 356,000 mètres carrés.

Ses galeries spacieuses, ses patios survolés par des milliers d’oiseaux, ses sols revêtus en marbre blanc athermique, décorés avec des motifs islamiques où chaque marbre est de la dimension exacte qu’il faut à un prieur. C’est une sorte de « siège réservé » en marbre posé dans la direction parfaite du Qibla, formant une ligne circulaire ou un saf (une rangé de prieurs). En se prosternant, la scène s’apparente à un grand lotus qui s’ouvre et qui s’enferme. Aussi, les systèmes électriques sont dissimulés dans 52 petits dômes très décoratifs.

Vu le grand nombre de personnes âgées parmi les prieurs, la Mosquée est dotée d’un service médical d’urgence malgré le fait qu’un hôpital moderne spécialisé notamment dans le traitement des épuisements dus à la chaleur se trouve en face de la Mosquée. Six autres hôpitaux existent à La Mecque, épaulés par le Croissant Rouge qui possède tout près de 300 ambulance équipées adéquatement.

Les portes de la Mosquée sont au nombre de plus d’une centaine sont toutes numérotées et ne se ferment jamais.

La Mosquée a été agrandie de manière si gigantesque que les deux monts, Safa et Marwa, se trouvent maintenant à l’intérieur du temple.

L’ampleur de cette entreprise a nécessité l’établissement d’autres industries pour le taillage des marbres et le polissage des céramiques, de grandes bijouteries et charpenteries pour les portes et autres décorations en or.

Comme pour couronner cette majesté, la Mosquée abrite huit endroits où les prières sont exaucées (Mustajaab).

  1. Au Multazam, l’espace entre la Pierre Noire et la porte de la Kaaba ;
  2. Au Mataff, pendant le tawaaf ;
  3. Au Meezabur-Rahma, sous la gouttière dans le Hijr ;
  4. Au puits de Zam-Zam, au sous-sol ;
  5. Au Maquam-e-Ibrahim, la Pierre Noire avec l’empreinte d’Abraham ;
  6. A Safa, monticule à l’intérieur de la Mosquée ;
  7. A Marwa, monticule également à l’intérieur de la Mosquée ;
  8. A Mas’a, parcours entre les deux monticules.

D’après une lettre de Hassan Basri ra, confirmée par des milliers de personnes durant des siècles et aussi d’après Ibn Abbas ra, le Prophète a dit que : « Le Multazam est un endroit où les prières sont acceptées. Quand une personne invoque Allah à cet endroit, Allah exauce sa prière ».

D’après un autre hadith rapporté par Abu Huraira, le Prophète a dit que : « Quand quelqu’un dit ‘Notre Seigneur accorde-nous ta Vertu dans ce monde et dans l’au-delà et sauve-nous de la punition de l’enfer, soixante-dix anges sont placés au-dessus du Rukun Yamani pour répondre ‘Ameen’ ».

Le Roi de l'Arabie Saoudite a approuvé en janvier 2008 un plan d'agrandissement de la partie nord et nord-ouest de la Mosquée.

La partie de l'agrandissement pourra accueillir quelques 500 000 prieurs de plus.

Arafat

Arafat est cette immense vallée située à 21 kilomètres à l’Est de La Mecque où Allah donne rendez-vous annuel à toute l’humanité sans distinction pour venir à sa rencontre et obtenir Sa Miséricorde le 9 Zil Hajj entre midi jusqu’avant l’aube de la nuit suivante. C’est une période d’environ 14 heures au totale. Les premières 6 heures avant le coucher du soleil se situe au 9 Zil Hajj mais les 8 heures restantes se trouvent dans la nuit du 10 Zil Hajj. Exceptionnellement cette nuit est considéré comme 9 Zil Hajj. C’est une faveur très spéciale accordée aux retardataires se présentant à Arafat après le coucher du soleil du 9 Zil Hajj.

Mais il est fortement recommandé de stationner durant la partie diurne aussi bien que durant la partie nocturne. C’est pourquoi on se précipite pour entrer avant le coucher du soleil et on quitte Arafat après le coucher du soleil.

Le Tas’eed est le déplacement de 3 millions de pèlerins de La Mecque, de Mina à Arafat dans une demi-journée. Le Nafra désigne le retour d’Arafat vers Muzdalifa et Mina pendant une demi-nuit.

Ce trajet nécessite l’utilisation de 15,000 cars disposant chacun d’une centaine de places. Ces cars feront au minimum deux aller-retours chacun. Ce trajet et l’hébergement dans ces lieux ont été facilités grâce à la construction de tentes, la mise à la disposition des pèlerins des moyens appropriés à Arafat. Mina est couverte de tentes pendant 5 jours et les pèlerins peuvent avoir de l’eau, la nourriture, de l’électricité et les toilettes.

L’administration saoudienne mérite toutes nos félicitations pour cette organisation colossale. La présence du pèlerin à l’intérieur du périmètre d’Arafat durant l’heure indiquée est d’une haute importance.

Sans cette présence, fût-ce pour un court moment, le Hajj est nul. Le pèlerin devra revenir l’année prochaine. La présence à Arafat est l’essence même du pèlerinage.

Le stationnement (wukuf) symbolise la connaissance suprême. C’est une réalisation directe et sans intermédiaire de la présence Divine. Le stationnement ne comporte aucune obligation propre. Théoriquement, la seule chose qui importe c’est d’être là pendant le temps prescrit. Les invocations n’ont aucun caractère impératif, bien que qu’elles soient hautement recommandées. Il faut absolument imiter le Prophète pssl qui est le guide de tous les hommes, en utilisant ses paroles pour les demandes à Allah.

Les faveurs divines attachées au stationnement à Arafat (Wukuf-e-Arafat) ne sont nullement réservées aux pèlerins seulement, mais se déversent avec abondance sur tous ceux présents dans les limites du territoire d’Arafat pendant le temps voulu quelque soit leur état et cela par l’effet de La Miséricorde Divine que rien ne peut limiter.

D’après un Hadith rapporté par Ibn Abbass ra, le Prophète pssl a dit, concernant le wukuf à Arafat : « Le plus grand pêcheur est celui qui se tient à Arafat en pensant qu’Allah ne lui a pas pardonné ».

La représentation de cette Miséricorde Divine est au Jabal Ar Rahma (mont de la miséricorde) qui se trouve au milieu de la vallée et qui est considéré comme le cœur même d’Arafat.

Pour pénétrer dans la vallée d’Arafat, il faut traverser un passage étroit entre deux hauteurs. Ce passage creux s’appelle Batne Urna et est un lieu en dehors du territoire d’Arafat. Le territoire d’Arafat commence juste au milieu de la Mosquée Namira se trouvant après le Batne Urna.

Un fait surprenant à première vue mais en réalité compréhensible est à signaler aux lecteurs. L’Iblis fait le pèlerinage chaque année. Il accomplit le stationnement (Wukuf) dans le Batne Urna. Il pleure d’avoir manqué à l’obéissance de son Seigneur, puisqu’il est contraint de tromper les hommes par son serment.

Néanmoins, après qu’il eût encouru la parole du châtiment, il n’a fait qu’obéir à la parole de son Maître.

« Et Allah dit : Va-t-en ! Quiconque d’entre eux te suivra, sa sanction sera l’enfer, une ample rétribution. Excite par ta voix, ceux d’entre eux que tu pourras, rassemble contre eux ta cavalerie et ton infanterie, associe-toi à eux dans leur biens et leurs enfants et fais-leur des promesses. Or, le diable ne leur fait des promesses qu’en tromperie[i] ».

En cela, il y a un soulagement pour Iblis, ce qui ne l’empêche pas d’être chagriné de voir le pardon universellement étendu aux gens d’Arafat alors qu’il s’y trouve lui-même tout près d’Arafat. Il pense qu’il y ait pour lui quelque marge de ce pardon par pure Grâce Divine, ne serait-ce qu’après un certain temps. Il est à noter que les anges ne repoussent pas Iblis de la périphérie d’Arafat comme ils l’ont fait en le chassant du Paradis. Peut-être qu’ils ont une certaine connaissance ‘marginale’. Tout de même Allah ordonne aux pèlerins de s’écarter de l’endroit où Iblis fait le stationnement (Batna Urna) car c’est un endroit d’éloignement. Iblis est régi par le mot « Éloigné » alors que les gens d’Arafat le sont par le nom « Le Proche ».

Abdool Cader DOOKHY


[i] Le Saint Coran, chapitre 17, versets 63-64.

Le premier Hajji

Le pèlerinage est une institution divine obligatoire une fois durant la vie de tout croyant (musulman) en état de l’accomplir. Il a été imposé à l’homme par le Saint Coran et la Sunna. « Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils m’adorent[i] ».

« Et c’est un devoir vers Allah pour les gens qui ont les moyens d’aller faire le pèlerinage de la Maison. Quant à l’incrédule, qu’il sache qu’Allah se suffit à Lui-même et qu’il n’a pas besoin de l’univers[ii] ».

Et le prophète Muhammad pssl a dit : « O les hommes, Allah a prescrit le pèlerinage, accomplissez le donc » (rapporté par Muslim et An Nisal).

L’homme ne peut pas vivre sans l’accomplissement de la prière. Quand Adam as fut descendu sur terre, Dieu envoya une réplique du Baitul-Mamur, temple qui se trouve au septième ciel et où les anges font perpétuellement des tournées rituelles (tawaaf) et des prières, malheureusement les anges sont tellement nombreux qu’ils obtiennent cette faveur (le droit de faire des tournées) seulement une fois durant leur existence.

Abd Allah Ibn Amru précise, alors qu’Allah fit descendre Adam as du Paradis, Il lui dit qu’Il fera descendre un temple autour duquel circulera, comme autour de Son Trône.

La réplique descendue avec Adam as s’appelle la Kaaba Honorée et est située perpendiculairement par rapport à Baitul Mamur, la représentation du Trône Divin qui est une construction splendide faite à partir de l’hyacinthe rouge orangée d’une dimension colossale, une grande beauté du septième siècle.

Quand Adam as accomplit ses premières tournées rituelles (tawaaf) autour de la Kaaba Honorée, ce fut la première prière que l’homme sur terre adressa à Allah, le Tout Puissant. Cette première prière fut retransmise à travers la Baitul Mamur.

Aussitôt que la prière d’Adam as fut terminée, et la gloire d’Allah acclamée dans tout l’univers, quelques anges furent descendus sur terre pour lui féliciter.

Chaque ciel planétaire a sa propre maison. Ibn Abbas ra précisa que : « Cette Kaaba visible n’est qu’une maison d’entre les quatorze », correspondant ainsi aux sept cieux et sept terres).

Adam as était tout seul sur terre au début. Il invoqua Dieu afin qu’il puisse rencontrer Eve (Hawa) ra. Il la rencontra sur la colline Jabal al Rahma, mont de la miséricorde située dans une vallée. Puisqu’ils se sont reconnus sur cette vallée, on la nomma Arafat (arafat veut dire reconnaître en arabe), et aussi parce que c’est le mont autour duquel les pèlerin font station jusqu’à l’approche du coucher du soleil le 9 Zil-Hajj, le fait que Arafa soit un sympole de la pure connaissance, la connaissance désignée par le terme marifa.

En toute humilité, ils passèrent la journée à Arafat pour prier et remercier Allah. Puis, ils séjournèrent à Muzdalifa durant la nuit en se souvenant d’Allah. Ensuite, ils traversèrent Mina pour arriver à la Mecque pour tourner autour de la Kaaba. Ils voulaient exprimer leur gratitude et ils firent ensemble la Tawaaf, puis ils continuèrent cette pratique durant toute leur vie.

Ce sont les mêmes lieux sacrés, Arafat, Muzdalifa, Mina et Makkah qui suggèrent un symbolisme permanent que franchirent à leur tour Abraham as, Ismaël as et Hajra.

Tabari rapporte qu’Adam as faisait sept tournées rituelles (tawaaf) pendant le jour, c’est-à-dire 7 X 7 tours, et cinq durant la nuit (5 X 7 tours).

On rapporte qu’Adam as, l’ancêtre de l’humanité mourût à l’âge de 960 ans, et dicté par l’ange Gabriel as, son fils Sheesh as, officia la prière funèbre (Salat ul Janaza).

On présume qu’Ève ra fut inhumée dans une ville située à environs 75 kilomètres de La Mecque, dont le tombeau d’une longueur exceptionnelle, se trouvait dans un cimetière aujourd’hui englobé dans le centre ville. Puisqu’elle est la Grand-Mère de l’humanité, on nomma cette ville Jedda[iii] ( Djeddah). Elle est aujourd’hui la ville la plus lumineuse de l’Arabie Saoudite.

Elle est une belle ville, très élégante avec son jet d’eau qui jaillit au large de la Mer Rouge en s’élevant à 260 mètres en hauteur, artistiquement éclairé.

Abdool Cader DOOKHY


[i] Le Saint Coran, chapitre 51 verset 56.

[ii] Le Saint Coran, chapitre 3 verset 97.

[iii] Jeddah veut dire en arabe grand-mère.

mercredi 26 décembre 2007

Le Kiswa ou l'habit de la Kaaba

La Kaaba est la seule structure qui est habillée d’une robe. Celle-ci coûte relativement chère et s’appelle le Kiswa.

L’origine de la pratique de couvrir la Kaaba est incertaine. D’après certains historiens, c’est Ismaël as qui a inauguré cette pratique. D’autres pensent que c’est Adnan Ibn Add, l’ancêtre du Prophète pssl, qui a été la première personne qui a habillé la Kaaba. D’autres autorités respectées encore soutiennent que c’est le Roi Tubba du Hemyar (sud du Yémen) qui l’aurait fait suite à un rêve dans lequel il a vu qu’il couvrait la Kaaba avec des feuilles sèches du dattier cousues.

Ainsi donc, deux siècles avant la naissance du Prophète pssl, Assad Tubba a envahi le Yatrhib (Médine). En revenant de l’expédition, il s’est arrêté à la Mecque pour faire un pèlerinage et pour exécuter son rêve. Il a habillé la Kaaba avec du Kasaf pour l’embellir. Puis, il l’a recouvert avec d’autres tissus de meilleure qualité comme le Maala et le Wasail du Yémen.

Ses successeurs l’ont habillée avec d’autres tissus tel le Namareq, une soie d’Iraq et le Yamani Hibr et le Qubatti d’Égypte.

Lorsque le Prophète pssl est entré à la Mecque le jour de la victoire en l’an 8 de l’Hégire, il a purifié la Kaaba en détruisant tous les idoles mais a laissé en place le Kiswa. C’était le dernier Kiswa confectionné à l’époque de l’ignorance (jalihiyya). Toutefois, le Prophète pssl a eu l’honneur de rhabiller la Kaaba. En parfumant la Kaaba avec de l’encens, une dame a mis accidentellement feu à ce dernier Kiswa de la période de l’ignorance. Le Prophète pssl a ordonné la fabrication d’un autre Kiswa mais ce n’est que lorsqu’il est parti à la Mecque lors du pèlerinage d’adieu (Hajjatul Wida) qu’il a couvert la Kaaba avec un tissus dénommé Rawdan du Yémen. C’était le premier Kiswa islamique. Ce fait s’est déroulé en l’an 10 de l’Hégire et le Prophète pssl n’est plus jamais revenu physiquement à la Mecque.

En l’an 13 Oumar ra a importé un Kiswa d’Egypte fait de qubbati, un tissus très épais. Deux siècles après la couleur du Kiswa était devenue rouge et en l’an 575 de l’Hégire elle est devenue verte. Suite à cet évènement, le calife Al Nasser Al Abbasi a décidé que le tissu serait désormais de couleur noire. Le noir est considéré comme la combinaison de toutes les couleurs.

Des pays comme l’Égypte, l’Iraq, le Yémen, la Turquie, l’Inde et le Pakistan on eu l’honneur de participer à la fabrication du Kiswa.

Cependant en l’an 1346 de l’Hégire, le Roi Saoud a décidé de créer en Arabie une usine destinée uniquement à la fabrication du Kiswa. Désormais les autorités saoudiennes ne font plus appel à l’expertise étrangère. Actuellement l’usine se situe à Umm Al Jood, sur l’ancien chemin menant de la Mecque à Djeddah.

Le Kiswa actuel est un chef d’œuvre artistique nécessitant la participation des spécialistes en plusieurs disciplines telles que la teinturerie, le tissage, la sérigraphie, la broderie à la main etc.

Le Kiswa est fabriqué avec 450 kilogrammes de soie pure et naturelle qui est importée puis teinte en noire. Dans le tissage du tissus est inscrit notamment la Kalima « La ilaha illallah Muhammadur Rasoul Allah ».

En trame de fond du tissus est déjà calligraphié la profession de foi (Kalima) mais celle-ci n’est pas très visible de loin vu le manque de contraste. C’est sur ce fond noir artistique que d’autres calligraphies sont implanté avec du fil d’or et d’argent pur, créant ainsi le contraste voulu. Cette deuxième calligraphie est elle visible de loin d’autant plus que la broderie en fil d’or est en relief, de deux centimètres au-dessus du niveau du tissu.

La superficie totale du Kiswa est de 658 mètres carrés, composée de quarante-sept pièces. Chaque pièce est de quatorze mètre de long par quatre-vingt-quinze centimètres de large. Il faut ajouter à cela les parties brodées en fil d’or qui sont de quarante-sept mètres de long par également quatre-vingt-quinze centimètres de large divisées en seize pièces. Le rideau de la porte (Burqua) de la Kaaba est d’une superficie de 22,75 mètres carrés, 5 mètres par 3,5 mètres.

Fabriqué avec le même tissu utilisé pour la fabrication du Kiswa, il est composé de cinq pièces séparées puis rassemblées après la broderie.

Le rideau est très chargé de textes coranique comprenant entre autres le verset suivant : « - Dis : Allah est Unique. Allah est Seul à être imploré pour ce que nous désirons. Il n’a jamais engendré, n’a pas été engendré non plus et nul est égal à Lui ».

Le premier rideau calligraphié a été mis sur la porte de la Kaaba pour la première fois en l’an 810 de l’Hégire.

Pour la confection d’un seul Kiswa, l’usine emploi à plein temps trois cents ouvriers spécialisés.

Chaque année, lorsque les trois millions de pèlerins vont à Arafat, le 9 Zilhajj, profitant de l’absence exceptionnelle d’un jour de cette marée humaine, les autorités rhabillent la Kaaba avec un Kiswa flamboyant que les pèlerins pourront contempler à leur retour d’Arafat.

Le Kiswa usage est coupé en morceaux et distribué à toutes les grandes mosquées du monde pour la bénédiction (tabarruk) et à quelques personnalités. La bénédiction ne provient pas de l’existence de l’or, mais de sa purification, sa nature sacrée. La bénédiction découle de l’essence même de la calligraphie qui est essentiellement la prospection dans l’ordre visuel des dimensions inépuisables de l’unité divine. La calligraphie est l’ombre lointain de l’acte divin.

L'auteur, Abdool Cader DOOKHY (Qu'Allah l'agréé dans sa Miséricorde), exposant une partie du Kiswa